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Je crie sur mon enfant et je culpabilise : pourquoi cela arrive (et comment sortir de ce cercle vicieux)

  • Photo du rédacteur: Marie Laviolette
    Marie Laviolette
  • 21 mai
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 juil.


Je crie sur mon enfant et je culpabilise

Vous vous étiez promis de ne plus crier.

Vous aviez même préparé votre journée en vous disant :

« Aujourd'hui, je reste calme. »

Puis votre enfant a refusé de s'habiller.

Le petit dernier a renversé son verre.

Vous étiez déjà en retard.

Vous avez répété une consigne trois fois.


Et soudain... vous avez crié.


Le silence s'est installé quelques secondes.

Votre enfant vous a regardé avec de grands yeux.


Puis une autre émotion est arrivée, la culpabilité.


Si vous êtes ici, c'est probablement parce que vous vous reconnaissez dans cette phrase :


« Je crie sur mon enfant et je ne supporte plus de réagir comme ça. »


Avant toute chose, j'aimerais vous dire une chose importante.


Vous n'êtes pas seul.


Et surtout...

Si vous culpabilisez après avoir crié, c'est justement parce que cette réaction ne correspond pas au parent que vous souhaitez être.

Pourquoi je crie sur mon enfant alors que je sais que ce n'est pas la bonne solution ?


C'est probablement la question que les parents me posent le plus souvent.


Et la réponse surprend presque toujours.


Vous ne criez pas parce que vous manquez d'amour.

Vous ne criez pas parce que vous êtes un mauvais parent.

Vous ne criez même pas parce que vous manquez de patience.


Vous criez parce que, à cet instant précis, votre système nerveux n'a plus suffisamment de ressources pour faire autrement.


Autrement dit :

Le problème n'est pas uniquement ce qui se passe chez votre enfant.

Le problème est aussi ce qui se passe en vous.

Crier soulage... mais seulement pendant quelques secondes

Si notre cerveau continue de crier, c'est parce que cela fonctionne.

Du moins... à très court terme.


Lorsque vous haussez la voix :

  • la tension sort ;

  • votre corps se décharge ;

  • votre enfant s'arrête parfois quelques secondes.


Votre cerveau enregistre alors :

« Je crie sur mon enfant, cela a fonctionné. »

Le problème est que cet apaisement est très bref.


Rapidement arrivent :

  • la culpabilité ;

  • la honte ;

  • les regrets ;

  • la promesse de ne plus recommencer.


Puis une nouvelle journée commence et le cycle recommence.

Le véritable problème n'est pas le cri

Imaginez une cocotte-minute.


Si la vapeur sort par la soupape, le bruit n'est pas le problème.

Le bruit est le signal que la pression est devenue trop importante.

Les cris fonctionnent souvent de la même manière.


Ils indiquent que votre corps est arrivé à saturation.


Cette saturation peut être liée à :

  • un manque de sommeil ;

  • une charge mentale importante ;

  • des journées sans pause ;

  • un sentiment de solitude ;

  • des inquiétudes professionnelles ;

  • des tensions dans le couple ;

  • ou simplement des semaines où vous donnez plus que ce que vous avez.


Votre cri est alors un indicateur (pas une identité).

Pourquoi certains comportements de votre enfant vous font exploser

C'est une question passionnante.


Deux parents peuvent vivre exactement la même scène.


L'un reste calme.

L'autre explose.

Pourquoi ?


Parce que nous ne réagissons pas seulement au comportement.


Nous réagissons aussi à ce que ce comportement réveille en nous.


Votre enfant répond.

Et vous vous sentez immédiatement manqué de respect.


Votre enfant pleure.

Et vous sentez monter une immense impuissance.


Votre enfant traîne.

Et votre stress explose.


Autrement dit :

Le comportement de votre enfant rencontre votre propre histoire.


Vos peurs.

Vos valeurs.

Vos blessures.

Vos limites du moment.


C'est précisément pour cela que les solutions toutes faites fonctionnent rarement longtemps.

Je crie sur mon enfant : pourquoi la fatigue change tout

Imaginez la même scène.


Premier scénario.


Vous avez bien dormi.

Vous avez pris le temps de déjeuner.

Vous n'êtes pas pressé.

Votre enfant renverse son bol.

Vous soufflez.

Vous nettoyez.


Deuxième scénario.


Vous avez dormi quatre heures.

Vous partez travailler dans quinze minutes.

Vous avez déjà reçu trois mails urgents.

Le même bol tombe.

La scène est identique.

Votre réaction ne l'est plus.


La fatigue ne crée pas les difficultés, elle réduit votre capacité à y répondre.


C'est pourquoi tant de parents me disent :

« Je suis beaucoup plus patient le week-end qu'un mardi soir. »

Et ils ont raison.

Le contexte compte.

Énormément.

Ce que votre enfant comprend lorsque vous criez

Contrairement à une idée reçue, les cris ne sont pas toujours efficaces.


Bien sûr, ils peuvent interrompre un comportement.


Mais ils n'apprennent pas nécessairement à votre enfant quoi faire autrement.


Lorsque les cris deviennent fréquents, certains enfants apprennent surtout à :

  • attendre que le ton monte avant d'agir ;

  • avoir peur de se tromper ;

  • se couper de leurs émotions ;

  • ou, à l'inverse, répondre eux aussi en criant.


Cela ne signifie pas que quelques cris occasionnels vont abîmer définitivement votre relation.


Heureusement.


La relation parent-enfant est bien plus solide que cela mais si les cris deviennent votre principal mode de communication, ils finissent par prendre beaucoup de place.

Comment arrêter de crier sur son enfant ?

Je vais peut-être vous décevoir.


La solution ne consiste pas à apprendre à mieux contrôler votre colère.

Elle consiste d'abord à comprendre pourquoi elle déborde.

Parce qu'on ne demande pas à une cocotte-minute de faire moins de bruit.


On diminue la pression.

Les trois questions qui changent souvent tout

La prochaine fois que vous sentez la tension monter, essayez de vous demander :


1. Qu'est-ce qui est en train de se passer chez mon enfant ?

Est-il fatigué ?

Débordé ?

Frustré ?

En recherche d'autonomie ?


2. Qu'est-ce qui est en train de se passer chez moi ?

Suis-je inquiet ?

Pressé ?

Épuisé ?

En train de revivre quelque chose de mon enfance ?


3. De quoi avons-nous besoin, lui et moi ?

Cette troisième question est souvent celle qui ouvre de nouvelles solutions.

Trois phrases pour éviter que la pression n'explose

Vous n'avez pas besoin de prononcer une phrase parfaite.

Vous avez simplement besoin de gagner quelques secondes.

Vous pouvez dire :

« Je sens que je suis en train de m'énerver. Je vais prendre dix secondes. »

Ou :

« Là, je suis très fatigué. J'ai besoin de retrouver mon calme avant de continuer cette discussion. »

Ou encore :

« Je vais sortir boire un verre d'eau et je reviens. »

Votre enfant n'apprend pas seulement à attendre.

Il vous regarde vous réguler.

Et cela vaut tous les grands discours.

Après avoir crié : faut-il demander pardon ?

Non, enfin moi j'appelle ça "réparer".

Et contrairement à ce que certains craignent, cela ne vous fait pas perdre votre autorité.

Au contraire.


Vous pouvez simplement dire :

« Tu as eu très peur quand j'ai crié. Ca fait peur un adulte qui cri comme ça, ce n'était pas ta faute ni une bonne façon de te parler. J'ai besoin d'apprendre à faire autrement car la règle est importante. D'abord, de quoi tu as besoin pour te sentir de nouveau en sécurité avec moi ? »

Vous distinguez ainsi deux choses :

  • la manière dont vous avez parlé ;

  • le fond de la règle.


L'une peut être réparée.

L'autre reste valable.

Ce que la culpabilité essaie de vous dire

La culpabilité est souvent désagréable mais elle a aussi une fonction.

Elle vous indique que vos actes se sont éloignés de vos valeurs.


Le problème n'est donc pas de ressentir de la culpabilité.

Le problème est de rester seul avec elle.


Parce que lorsqu'elle devient chronique, elle finit par épuiser encore davantage les parents.


Vous voulez allez +loin ?




FAQ – Je crie sur mon enfant


Est-ce que je suis un mauvais parent si je crie ?

Non. Tous les parents peuvent crier. Ce qui compte, c'est de comprendre pourquoi cela arrive, de réparer lorsque c'est nécessaire et de chercher progressivement d'autres façons de réagir.


Pourquoi je crie alors que je sais que ce n'est pas efficace ?

Parce que le cri est souvent une réponse automatique d'un système nerveux en surcharge. Il ne reflète pas un manque d'amour mais un manque de ressources à cet instant.


Est-ce que les cris traumatisent toujours les enfants ?

Les conflits ponctuels font partie de la vie familiale. Ce qui est le plus protecteur pour un enfant, c'est la possibilité de retrouver ensuite de la sécurité, de la réparation et de la cohérence dans la relation.


Comment retrouver mon calme plus vite ?

Il est souvent plus efficace de prendre soin de votre niveau de fatigue, de votre charge mentale et de vos besoins que de chercher uniquement des techniques pour "tenir bon".

Vous n'avez pas besoin de devenir un parent parfait

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, c'est probablement parce que vous souhaitez profondément faire autrement et cette envie est déjà un point de départ.


Dans mes accompagnements, nous ne cherchons pas à fabriquer des parents qui ne crient jamais. Nous cherchons à comprendre ce qui conduit aux cris parce qu'une fois que vous comprenez ce qui alimente la pression, il devient beaucoup plus facile d'agir à la source plutôt que d'essayer de contrôler l'explosion.


Vous méritez un espace où vous pourrez déposer cette culpabilité, comprendre ce qui se joue dans votre famille et retrouver des outils réellement adaptés à votre quotidien.


Les parents qui crient ne sont pas des parents qui aiment moins leurs enfants ce sont très souvent des parents qui portent... beaucoup plus qu'ils ne peuvent porter seuls.





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