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Comment arrêter de reproduire les erreurs de ses parents ? Comprendre son héritage familial pour transmettre autrement.

  • Photo du rédacteur: Marie Laviolette
    Marie Laviolette
  • 24 mai 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 juil.


Ne plus subir son héritage familial
Choisir quoi transmettre dans sa parentalité.

Vous vous entendez prononcer une phrase et immédiatement, vous pensez :

« Je viens de parler exactement comme ma mère. »

Ou peut-être comme votre père.


Pourtant, vous vous étiez promis de faire autrement.


Vous aviez imaginé une autre façon d'éduquer vos enfants.


Plus de dialogue.

Moins de cris.

Moins de culpabilité.

Et malgré cela...


Dans les moments de fatigue, de stress ou de conflit, certaines réactions reviennent presque automatiquement.


Alors une question s'impose :

Pourquoi est-il si difficile d'arrêter de reproduire ce que nous avons pourtant décidé de ne plus faire ?


La réponse tient en quelques mots.

Nous ne devenons pas parents à partir de zéro.

Nous devenons parents avec toute notre histoire.

Nous élevons nos enfants... mais aussi l'enfant que nous avons été

Lorsque votre enfant refuse de s'habiller.

Lorsqu'il pleure.

Lorsqu'il répond.


Vous ne réagissez pas uniquement à ce qu'il fait.

Vous réagissez aussi à tout ce que cette situation réveille en vous.


C'est ce qui explique pourquoi deux parents peuvent vivre exactement la même scène et réagir de façon complètement différente.


L'un reste calme.

L'autre sent immédiatement son cœur s'emballer.


Pourquoi ? Parce que notre histoire influence notre manière de vivre le présent.

Et cela est profondément humain.

Qu'est-ce que l'héritage familial ?

Lorsque l'on parle d'héritage familial, beaucoup pensent immédiatement aux traditions ou aux habitudes mais il existe un autre héritage.


Plus discret.

Invisible.

Et pourtant extrêmement puissant.


Il est constitué de tout ce que nous avons appris, parfois sans qu'aucun adulte ne nous le dise explicitement.


Les phrases entendues.

Les émotions autorisées.

Celles qui ne l'étaient pas.


La manière de résoudre les conflits.

De demander de l'aide.

De montrer son affection.


Ou de cacher sa tristesse.


Cet héritage influence souvent notre façon :

  • d'aimer ;

  • de poser des limites ;

  • de gérer les conflits ;

  • de demander de l'aide ;

  • de devenir parent.


Sans que nous en ayons toujours conscience.

Pourquoi reproduit-on ce que l'on ne voulait plus reproduire ?

C'est probablement la question la plus douloureuse.


Vous savez que certaines phrases vous ont blessé.

Vous savez que certains comportements vous ont fait souffrir.


Alors pourquoi ressortent-ils parfois de votre bouche ?


Notre cerveau adore ce qu'il connaît même lorsque ce n'est pas ce qui nous fait du bien.

Les réactions que nous avons observées pendant des années deviennent des automatismes.


Et les automatismes reviennent particulièrement lorsque nous sommes :

  • fatigués ;

  • stressés ;

  • débordés ;

  • en insécurité.


Autrement dit :

Ce n'est pas un manque de volonté.

C'est un fonctionnement normal du cerveau.


La bonne nouvelle ?

Les automatismes peuvent évoluer.

« Je parle comme ma mère » : pourquoi cette phrase revient si souvent

Je l'entends très régulièrement en consultation.


Un parent me dit :

« J'ai entendu la voix de ma mère sortir de ma bouche. »

Et cette prise de conscience est souvent douloureuse.


Pourtant...

C'est aussi le début du changement.

On ne peut transformer que ce dont on a conscience.


Les réactions automatiques ne sont pas une condamnation, elles sont un point de départ.

Les règles invisibles de votre famille continuent-elles à guider votre vie ?

Chaque famille possède ses propres règles.

Certaines sont dites.

D'autres jamais.


Par exemple :

« Il faut être fort. »

« On ne se plaint pas. »

« Il ne faut pas faire de vagues. »

« Les autres passent avant soi. »

« Il faut toujours réussir. »

« Ce qui compte, c'est ce que les autres pensent. »


Ces règles ont parfois été très utiles.


Elles ont permis à votre famille de traverser certaines difficultés.

Mais elles ne sont pas forcément adaptées à la vie que vous souhaitez construire aujourd'hui.


Prenez quelques minutes pour vous poser cette question :

Quelles sont les phrases que vous avez le plus entendues pendant votre enfance ?

Et surtout :

Les choisissez-vous encore aujourd'hui... ou les appliquez-vous sans même vous en rendre compte ?

Les rôles que nous continuons parfois à jouer à l'âge adulte

Dans beaucoup de familles, les enfants développent inconsciemment une place particulière.


Certains deviennent :

  • le médiateur ;

  • le sauveur ;

  • l'enfant parfait ;

  • celui qui ne dérange jamais ;

  • celui qui fait rire tout le monde ;

  • celui qui prend soin des autres.


Ces rôles permettent souvent à l'enfant de préserver ses liens d'attachement mais une fois adulte, ils peuvent devenir très coûteux.


Vous continuez peut-être à dire oui lorsque vous pensez non.

À porter les problèmes des autres.

À éviter les conflits à tout prix.

Ou à croire que votre valeur dépend de ce que vous faites pour les autres.

Pourquoi est-il si difficile d'apprendre à dire non ?

Beaucoup d'adultes pensent manquer de confiance en eux.

En réalité, ils ont parfois surtout appris très tôt qu'il était plus sûr de répondre aux attentes des autres que d'écouter leurs propres besoins.


Dire non devient alors synonyme de :

  • décevoir ;

  • perdre l'amour ;

  • provoquer un conflit ;

  • être égoïste.


Pourtant, un non posé avec respect protège souvent davantage une relation qu'un oui prononcé à contrecœur.

Comment commencer à se libérer de son héritage familial ?

L'objectif n'est pas d'effacer votre enfance.

Ni de désigner des coupables.


Vos parents ont eux aussi grandi avec leur propre histoire.


Le véritable enjeu est ailleurs.

Il consiste à reprendre progressivement votre liberté.


Voici trois questions qui peuvent ouvrir cette réflexion.


1. Quelles phrases dirigeaient votre enfance ?

Lesquelles souhaitez-vous transmettre à votre tour ?

Lesquelles souhaitez-vous laisser s'arrêter avec vous ?


2. Quel rôle jouiez-vous dans votre famille ?

Continuez-vous à jouer ce rôle aujourd'hui ?

Vous est-il encore utile ?


3. De quoi auriez-vous eu besoin ?

Pas de ce que vous avez reçu.

Mais de ce qui vous a manqué.

Un adulte qui écoute ?

Du réconfort ?

Le droit de dire non ?

Le droit d'échouer ?


Ces réponses sont souvent précieuses car elles indiquent aussi ce que vous avez peut-être besoin d'apprendre à vous offrir aujourd'hui.

Ce travail n'est pas seulement pour vous

C'est ici que tout rejoint la parentalité.

Lorsque vous prenez conscience de votre histoire...

Vous ne changez pas seulement votre vie.


Vous changez aussi ce que vos enfants recevront.


Chaque fois que vous :

  • demandez pardon après avoir crié ;

  • accueillez une émotion que l'on vous demandait autrefois de cacher ;

  • posez une limite avec respect plutôt qu'avec peur ;

  • autorisez votre enfant à être différent de vous ;

vous modifiez progressivement la transmission.


Vous n'effacez pas le passé, vous ouvrez un autre chemin.

Aller mieux ne signifie pas accuser ses parents

C'est une confusion fréquente.

Comprendre son histoire ne consiste pas à dresser le procès de sa famille.

Cela consiste à comprendre ce qui vous a construit.


Avec ses forces.

Avec ses blessures.


Vos parents ont probablement fait du mieux qu'ils pouvaient avec les ressources dont ils disposaient.


Et aujourd'hui...

Vous faites exactement la même chose.

La différence, c'est que vous avez désormais la possibilité d'observer ces mécanismes.

Et de choisir lesquels vous souhaitez continuer à transmettre.




FAQ – Comment arrêter de reproduire les erreurs de ses parents ?

Est-il normal de reproduire certains comportements de ses parents ?

Oui. Nous apprenons énormément par observation. Ces automatismes sont fréquents, surtout lorsque nous sommes fatigués ou stressés.


Peut-on vraiment changer (et ne pas subir notre héritage familial) ?

Oui. Le cerveau reste capable d'apprendre tout au long de la vie. La prise de conscience est souvent la première étape vers de nouveaux automatismes.


Comprendre son enfance revient-il à accuser ses parents ?

Non. Comprendre n'est pas condamner. Il s'agit de mieux connaître son histoire pour retrouver davantage de liberté dans ses choix.


Pourquoi est-ce si difficile de faire autrement avec ses propres enfants ?

Parce que la parentalité réactive souvent notre propre vécu d'enfant. Les situations du quotidien peuvent faire ressurgir des automatismes que nous pensions avoir laissés derrière nous.

Vous n'êtes pas condamné à transmettre ce que vous avez reçu

Vous ne choisissez pas l'histoire dans laquelle vous grandissez.


En revanche, vous pouvez progressivement choisir ce que vous souhaitez en faire.

Ce chemin demande du temps.

De la douceur.

Et parfois un accompagnement.


Mais il est possible.


La transmission peut se choisir.


Chaque prise de conscience, chaque réparation, chaque nouveau choix éducatif ouvre une possibilité différente pour la génération qui vient et c'est peut-être cela, au fond, le plus beau cadeau que l'on puisse faire à ses enfants : leur transmettre moins de blessures... et davantage de liberté.





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