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Mon jeune fils a une érection : est-ce normal et comment réagir ?

  • Photo du rédacteur: Marie Laviolette
    Marie Laviolette
  • 1 juin
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 juil.



Santé sexuelle et affective

Un matin, votre enfant arrive en courant.

Il vous regarde avec de grands yeux.

Puis il vous dit, très sérieusement :

« Regarde ! Mon pénis est tout dur ! »

Pendant une seconde...

Le temps s'arrête.


Vous ne vous attendiez pas à cette situation. Vous vous demandez quoi répondre.


Faire comme si de rien n'était ?

Expliquer ?

Changer de sujet ?


Beaucoup de parents vivent cette situation avec un mélange de surprise, de gêne et d'inquiétude. Pourtant, dans l'immense majorité des cas, cette scène est parfaitement normale.


Et surtout...

La manière dont vous allez y répondre construira bien plus que la réponse à une simple question. Elle participera à construire la relation que votre enfant entretiendra avec son corps... et avec vous.


Est-il normal que mon jeune fils ait une érection ?


Oui.

C'est un phénomène physiologique tout à fait normal.


Votre fils, aussi jeune soit-il peut avoir des érections et ce dès les premiers mois de vie.


Elles peuvent apparaître :

  • au réveil ;

  • pendant le sommeil ;

  • lorsqu'ils vont uriner ;

  • sans raison particulière.


Contrairement à ce que beaucoup d'adultes imaginent, ces réactions du corps ne sont pas liées, chez le jeune enfant, à une sexualité telle que nous la concevons à l'âge adulte.


Le plus souvent, votre enfant ne s'interroge pas sur la sexualité.

Il se demande simplement :

« Est-ce que ce qui arrive à mon corps est normal ? »

Cette nuance est essentielle.

Pourquoi votre enfant vient-il vous en parler ?

Lorsqu'un enfant de 4, 5 ou 6 ans vous montre une partie de son corps ou vous pose une question à son sujet, son objectif est rarement de provoquer.


Il est surtout :

  • curieux ;

  • surpris ;

  • en train d'observer son développement ;

  • à la recherche d'une explication rassurante.


Comme lorsqu'il demande :

« Pourquoi mes dents tombent ? »

« Pourquoi j'ai un nombril ? »

« Pourquoi les adultes sont plus grands ? »


Son corps change.

Il cherche simplement à comprendre.


La première réaction compte plus que la réponse

Dans ces moments-là, les parents pensent souvent qu'ils doivent trouver immédiatement les mots parfaits. En réalité, ce qui compte le plus est souvent votre posture.


Votre enfant observe :

Votre visage.

Votre voix.

Votre respiration.

Votre regard.


S'il perçoit de la panique, du dégoût ou de la moquerie, il risque d'associer ces émotions au sujet qu'il vient d'aborder. À l'inverse, si vous restez calme, il comprend un message très précieux :

« Je peux parler de mon corps avec mon parent sans avoir honte. »

Vous n'avez pas besoin de tout savoir


Bonne nouvelle.

Votre enfant ne vous demande pas un cours d'anatomie.

Il attend surtout que vous soyez disponible.

Vous pouvez tout simplement dire :

« Je comprends que tu te poses des questions. »

Puis répondre avec des mots simples.

Par exemple :

« Parfois, le pénis devient dur tout seul. Cela arrive aux enfants comme aux adultes. Ton corps fonctionne normalement. »

À cet âge, cette réponse suffit généralement.


Il n'est pas nécessaire de donner davantage d'informations que celles demandées.

En parentalité comme en santé sexuelle, une règle fonctionne très bien :


Répondez à la question qui est posée... pas à celle que vous imaginez derrière.

Faut-il utiliser les vrais mots ?


Oui.

Et c'est même un formidable cadeau que vous faites à votre enfant.


Dire :

  • pénis ;

  • vulve ;

  • testicules ;

  • poitrine ;

n'enlève rien à la tendresse.


En revanche, cela permet à votre enfant de comprendre que son corps n'est ni honteux, ni ridicule. Utiliser les mots justes facilite également la communication avec les professionnels de santé et participe à la prévention des violences sexuelles.


Lorsqu'un enfant connaît le nom des différentes parties de son corps, il peut plus facilement exprimer ce qu'il vit ou ce qui l'inquiète.

Comment parler d'intimité sans transmettre de honte ?

C'est souvent ici que les parents hésitent.


Faut-il regarder ?

Faut-il demander ?

Faut-il détourner le regard ?


Il est tout à fait possible de poser une limite tout en restant respectueux.


Par exemple :

« Je ne vais pas regarder parce que cette partie de ton corps fait partie de ton intimité. En revanche, je peux répondre à tes questions si tu en as. »

Cette phrase transmet plusieurs messages à la fois :


  • votre corps est normal ;

  • votre intimité mérite d'être respectée ;

  • vous pouvez venir me parler.

Aucune honte.

Aucun tabou.


Simplement un apprentissage progressif de l'intimité.








Mon enfant de 3 ans pose des questions sur son corps

Vers trois ans, les enfants découvrent les différences entre les corps.


Ils observent.

Ils comparent.

Ils posent énormément de questions.


Cette curiosité fait partie de leur développement.

Ils cherchent avant tout à comprendre comment fonctionne le monde qui les entoure.

Mon enfant de 5 ans parle souvent de son pénis

À cet âge, beaucoup d'enfants deviennent particulièrement curieux.


Ils remarquent des changements.

Ils observent les réactions de leur corps.

Ils veulent comprendre.


Le plus souvent, cette curiosité diminue naturellement lorsqu'ils trouvent des adultes capables de répondre simplement à leurs questions.

Mon enfant de 7 ans pose des questions plus précises

En grandissant, les interrogations évoluent.


Votre enfant peut commencer à s'intéresser :

  • à la naissance ;

  • aux différences entre les corps ;

  • à la puberté ;

  • à la reproduction.


Là encore, il n'est pas nécessaire d'anticiper toutes les questions.

Répondez simplement à celle qui est devant vous.

Les phrases qu'il vaut mieux éviter

Sous l'effet de la surprise, certains adultes répondent spontanément :


« Ça ne se montre pas ! »

« Cache ça ! »

« Arrête de dire des choses comme ça ! »


Ou encore en riant.

Ces réactions sont compréhensibles.


Mais elles peuvent transmettre involontairement un message de honte.

Or l'objectif n'est pas que votre enfant cesse de poser des questions.


L'objectif est qu'il continue à venir vous voir lorsqu'il en aura.

Ce qui se joue vraiment dans ces petites conversations

À première vue, vous répondez à une question sur le corps.

En réalité, vous construisez quelque chose de beaucoup plus grand.

Vous construisez un climat de confiance.

Chaque fois que votre enfant repart avec le sentiment :

« Mon parent est une personne à qui je peux parler. »

Vous augmentez les chances qu'il revienne vous voir plus tard.


Lorsqu'il sera amoureux.

Lorsqu'il sera inquiet.

Lorsqu'il vivra un malaise.


Ou lorsqu'il aura besoin d'aide.


La sécurité affective se construit rarement lors d'une grande conversation solennelle.

Elle se construit dans des dizaines de petits échanges du quotidien.







FAQ


Est-ce normal qu'un enfant ait une érection ?

Oui. Les érections peuvent apparaître dès la petite enfance. Elles sont liées au fonctionnement normal du corps et ne signifient pas que l'enfant éprouve une sexualité comparable à celle d'un adulte.


Faut-il expliquer la sexualité lorsqu'un enfant pose cette question ?

Pas nécessairement. Répondez simplement à la question posée, avec des mots adaptés à son âge.


Dois-je utiliser les vrais mots ?

Oui. Employer les termes anatomiques corrects aide l'enfant à construire une relation saine avec son corps et facilite la communication.


Que faire si je suis mal à l'aise ?

C'est très fréquent. Vous pouvez prendre quelques secondes pour respirer avant de répondre. Votre calme compte souvent davantage que la perfection de votre réponse.


Livre parentalité

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